Généralités sur l’asthme

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies aériennes à l’origine d’une hyper-réactivité bronchique (1) associant :
– des symptômes respiratoires paroxystiques (dyspnée, sifflements, oppression thoracique, toux)
– ET une obstruction bronchique réversible spontanément ou après un traitement.

 

Cette maladie touche entre 1 et 18 % de la population en fonction des pays (2). En France, la prévalence de l’asthme chez l’adulte est de 5 à 7 % (3).

Les symptômes et l’obstruction des voies aériennes varient au cours du temps, ils peuvent être présents ou absents (parfois pendant plusieurs mois) et se manifester avec une intensité variable.

L’hyper-réactivité bronchique est favorisée lors de l’exposition à des facteurs déclenchants :
– pharmacologiques comme l’aspirine et les AINS (anti-inflammatoires non stéroidiens), la métacholine (activation des récepteurs muscariniques),
– allergènes (pollen, acariens…)
– irritants inhalés (particules de diesel et autres polluants, tabagisme actif ou passif, irritants professionnels)
– infections
– l’air froid et sec
– effort physique

Il existe donc différents types d’asthme : asthme allergique, au froid, à l’effort…

Les patients à terrain atopique (susceptibilité génétique à développer des allergies face à de nombreux allergènes) sont plus susceptibles d’être asthmatique.

 

Sur le plan fonctionnel, les explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) montrent (1) :

  • Un trouble ventilatoire obstructif (TVO), défini par un rapport VEMS/CVF < 70 %

VEMS : volume expiratoire maximal par seconde, DEP : débit expiratoire de pointe, CV : capacité vitale, VR : volume résiduel, CPT : capacité pulmonaire totale 

 

  • Une réversibilité du TVO : le VEMS augmente après inhalation d’un broncho-dilatateur à courte durée d’action ou après une corticothérapie systémique de 2 semaines :

– de plus de 200 ml par rapport à la valeur initiale
– ET de plus de 12 % par rapport à la valeur théorique

  • Une hyper-réactivité bronchique, définie par une diminution du VEMS de 20% après inhalation d’une substance bronchoconstrictrice (par exemple la métacholine).
    Le test à la métacholine est réservé aux cas de suspicion forte d’asthme à l’interrogatoire alors qu’il n’y a pas de TVO retrouvé.

Il existe également des tests indirects afin de rechercher une hyperréactivité bronchique (68) :

– test à l’effort
– test d’hyperpnée volontaire isocapnique (hyperventilation à l’air froid et sec pendant 6 min)
– test au sérum salé hypertonique (reproduit les conditions physiopathologiques d’un asthme d’effort)
– test au mannitol (produit retiré du marché en France depuis 2014)

Le débit expiratoire de pointe (DEP), débit maximal instantané mesuré lors d’une expiration forcée, peut être utile dans certaines situations comme les situations d’urgence et l’auto-surveillance de l’obstruction bronchique par le patient.

 

Une fois que l’asthme a été diagnostiqué, les EFR sont très utiles dans la surveillance de la maladie. Elles doivent être effectuées au moment du diagnostic, 3-6 mois après le début du traitement et régulièrement ensuite (2)

Classification de la sévérité de la maladie selon le collège des enseignants de pneumologie française (1), similaire à la classification GINA (Gobal Initiative for Asthma) (2,4) :